Poème sur les fleurs : odes à la nature en vers ou en prose

Poème sur les fleurs : odes à la nature en vers ou en prose

Avec le retour du printemps, les journées s’allongent et je peux m’adonner à nouveau à l’un de mes petits plaisirs : lire, seule ou aux côtés de mon amoureux, à l’ombre d’un bel arbre dans un jardin public ou tout simplement dans un fauteuil confortable les jours de pluie. Quoi de plus merveilleux, quand la nature s’éveille tout autour de nous, que de redécouvrir les classiques parmis les nombreux poèmes sur les fleurs qui nous donnent encore tant d’émotions ? J’ai fouillé dans ma mémoire et ma bibliothèque pour y dénicher mes poèmes sur les fleurs préférés.

1. Ronsard, le séducteur


Pierre de Ronsard, au milieu du 16ème siècle, n’offrait pas de roses à Cassandre qu’il courtisait, mais il lui en parlait dans ses Odes :

“Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avait déclose
Sa robe de pourpre au soleil,
A point perdu cette vesprée,
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au vôtre pareil.”

Trente ans plus tard, c’est à Hélène qu’il dédiait ce sonnet floral:

“Regrettant mon amour & vostre fier desdain.
Vivez, si m’en croyez, n’attendez à demain :
Cueillez dés aujourd’huy les roses de la vie.”

2. La Fontaine, la nature intelligente


Jean de La Fontaine glorifiait, lui, les leçons à tirer de la magnifique nature qui nous entoure. En 1668, il nous offre un dialogue mythique entre le Chêne et le Roseau

“La nature envers vous me semble bien injuste.
– Votre compassion, lui répondit l’Arbuste,
Part d’un bon naturel ; mais quittez ce souci.
Les vents me sont moins qu’à vous redoutables.
Je plie, et ne romps pas. Vous avez jusqu’ici
Contre leurs coups épouvantables
Résisté sans courber le dos ;
Mais attendons la fin. « Comme il disait ces mots,
Du bout de l’horizon accourt avec furie
Le plus terrible des enfants
Que le Nord eût portés jusque-là dans ses flancs.
L’Arbre tient bon ; le Roseau plie.
Le vent redouble ses efforts,
Et fait si bien qu’il déracine
Celui de qui la tête au Ciel était voisine
Et dont les pieds touchaient à l’Empire des Morts.”

3. Hugo et Lamartine, les romantiques


Dans Les Contemplations (1843), Victor Hugo déclame son amour… pour Les Arbres. Toute la démesure et le talent du plus grand auteur français :

“Arbres de ces grands bois qui frissonnez toujours,
Je vous aime, et vous, lierre au seuil des autres sourds,
Ravins où l’on entend filtrer les sources vives,
Buissons que les oiseaux pillent, joyeux convives!
Quand je suis parmi vous, arbres de ces grands bois,
Dans tout ce qui m’entoure et me cache à la fois,
Dans votre solitude où je rentre en moi-même,
Je sens quelqu’un de grand qui m’écoute et qui m’aime!
Aussi, taillis sacrés où Dieu même apparaît,
Arbres religieux, chênes, mousses, forêt,
Forêt! c’est dans votre ombre et dans votre mystère,
C’est sous votre branchage auguste et solitaire,
Que je veux abriter mon sépulcre ignoré,
Et que je veux dormir quand je m’endormirai.”

A la même époque, Alphonse de Lamartine, un autre romantique que j’aime particulièrement se prend de passion, lui, pour le Rossignol, prétexte à un morceau d’anthologie sur la nature et la forêt:

“Ces feuilles où tremblent des larmes,
Ces fraîches haleines des bois,
Ô Nature, avaient trop de charmes
Pour n’avoir pas aussi leur voix !
Et cette voix mystérieuse
Qu’écoutent les anges et moi,
Ce soupir de la nuit pieuse,
Oiseau mélodieux, c’est toi !
Oh ! mêle ta voix à la mienne !
La même oreille nous entend ;
Mais ta prière aérienne
Monte mieux au ciel qui l’attend.
Elle est l’écho d’une nature
Qui n’est qu’amour et pureté,
Le brûlant et divin murmure,
L’hymne flottant des nuits d’été.”

4. Rimbaud, l’indépassable


Ce qui est formidable avec Rimbaud, c’est qu’il vous éblouit en vers comme en prose. Je garde toujours près de moi, sur un petit bout de papier à lettres, ce passage des Illuminations: “J’ai embrassé l’aube d’été.Rien ne bougeait encore au front des palais. L’eau était morte. Les camps d’ombres ne quittaient pas la route du bois. J’ai marché, réveillant les haleines vives et tièdes, et les pierreries regardèrent, et les ailes se levèrent sans bruit. La première entreprise fut, dans le sentier déjà empli de frais et blêmes éclats, une fleur qui me dit son nom.”

En octobre 1870, Arthur Rimbaud n’a que 16 ans. Il écrit alors le poème le plus inoubliable sur Mère Nature, omniprésente dans ces lignes du Dormeur du Val :

“C’est un trou de verdure où chante une rivière
Accrochant follement aux herbes des haillons
D’argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c’est un petit val qui mousse de rayons.
Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l’herbe sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.
Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.
Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.”

Et vous, quel sont vos poèmes sur les fleurs favoris ? Préférez-vous les écrits en vers ou en prose ? Dites-le nous dans les commentaires !

Florence

Florence

Bonjour à toi, cher lecteur ou chère lectrice ! Je suis Florence, amoureuse des fleurs et décoratrice d'intérieur à mes heures perdues. La décoration florale n'a aucun secret pour moi, et j'ai dans ma boite à outils tout plein de conseils et de bonnes idées. Fervente amatrice de musique classique, de peinture, et d'art floral en général, j'espère vous faire découvrir ce qui me donne du pep's au quotidien !

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