Pourquoi la rose Tudor est-elle l’emblème de l’Angleterre ?

Pourquoi la rose Tudor est-elle l’emblème de l’Angleterre ?

Il existe toujours une histoire fascinante lorsque les fleurs deviennent les emblèmes des destinées humaines. Parfois, lorsque les journées sont pluvieuses ou, au contraire qu’une plante m’interpelle par sa beauté au jardin, j’aime me plonger sur le rôle des fleurs dans l’Histoire. Et s’il y a bien une rose qui marque profondément son lien avec de grandes épopées, des tragédies et de l’héroïsme, c’est la rose Tudor. Rouge à coeur blanc, elle s’est imposée comme symbole héraldique de l’Angleterre. Je parle d’une rose, mais c’est en réalité presque la fusion d’une blanche et d’une rouge, celles qui ont donné son nom à la sanglante Guerre-des-deux-Roses, dont le dénouement marque la fin d’une impitoyable querelle de succession entre les maisons York et Lancastre, mais aussi du Moyen-Âge anglais. C’est dire toute l’importance de cet emblème. 

Des roses au coeur de la guerre 

Si l’on veut résumer, ce qui est presque impossible, la Guerre-des-deux-Roses, on peut dire qu’il s’agit d’un très long conflit de succession entre les héritiers d’Edouard III, en particulier entre la lignée de Jean de Gand et celle d’Edmond de Langley, son frère. Petit détail amusant : en réalité, ce n’est qu’a posteriori que cette guerre sera nommée ainsi car la maison Lancastre n’adopte la rose rouge comme emblème qu’à la dernière bataille en 1485 alors que les hostilités ont commencé…30 ans plus tôt ! Pour bien comprendre l’influence de conflit sur l’histoire anglaise, il suffit de faire un petit détour par un célèbre dessin animé Disney, “Alice au Pays des Merveilles”, et évidemment par l’oeuvre de Lewis Carroll

– Excusez-moi

Mais pourquoi donc

Repeignez vous ces fleurs ?

Hein ? Oh ! Eh bien, la vérité / C’est que mes amis ont planté des rosiers blancs par erreur / Et…

La reine les aime rouges

Et sachez entre nous

Que si elle voit un rosier blanc

On ne tranchera le cou

Jésus !

Alors de nos doigts tremblants

Nous peignons les rosiers blancs

La reine les aime rouge

Du plus éclatant des rouges

Mais que la Reine ne sache pas

Ce qu’on vous dit tout bas

Mais peignons les rosiers en rouge

Oui peignons les roses en rouge

Pas bleu

Ni turquoise

Ni couleur framboise

Peignons les rosiers en rouge”

Même au XXe siècle dans la culture populaire, le souvenir de cet affrontement brutal, symbolisé par des fleurs pourtant si délicates, a laissé des traces incontestables !

La chute de Richard III et la naissance de la dynastie des Tudor

Si la Guerre-des-deux-Roses a autant marqué les Anglais, c’est aussi parce qu’elle marque la fin d’un Moyen-Âge obscur et violent. Les différentes familles de nobles, désoeuvrées par la fin de la Guerre de Cent Ans et encouragées par les puissances rivales comme la France, se confrontaient violemment dans des guerres privées comme celle des Percy-Neville. Le pouvoir monarchique était faible et instable et la dynastie Plantagenêt fut balayée par le conflit. Et dans ce chaos perpétuel au sommet du pouvoir, des figures populaires ou au contraire haïes faisaient évidemment leur apparition puis disparaissaient. C’est le cas du fameux Richard III qui inspira ces lignes au génie Shakespeare : 

Qu’on me donne un autre cheval ! Qu’on bande mes blessures !

Aie pitié, Jésus ! Paix, je n’ai fait qu’un rêve.

O lâche conscience, comme tu m’accables !

Les lumières brûlent bleu. C’est l’heure morte qui court à minuit.

De froides gouttes de peur strient ma chair tremblante.

De quoi ai-je peur ? De moi-même ? Il n’y a personne d’autre alentour.

Richard aime Richard, c’est-à-dire, moi et moi.

Y a-t-il un meurtrier ici ? Non. Si, moi. […]

Un cheval ! Un cheval ! Mon royaume pour un cheval !

L’écuyer

Fuyez, mon seigneur ; je vous aiderai à trouver un cheval.

Richard III

Esclave, j’ai joué ma vie sur un coup de dé,

Et de la fortune j’entends soutenir l’humeur.

Un cheval ! Un cheval ! Mon royaume pour un cheval !”

Cette bataille où Richard III est tué est considérée comme la dernière de cette guerre civile. C’est alors qu’Henri Tudor, héritier des Lancastriens et vainqueur de la bataille, épousa Elisabeth d’York, rassemblant les York et leurs ennemis héréditaires dans la nouvelle maison Tudor. Comme les rosiers York and Lancaster rouges et blancs, la rose Tudor est depuis lors un concentré sublime de l’histoire anglaise.  

Florence

Florence

Bonjour à toi, cher lecteur ou chère lectrice ! Je suis Florence, amoureuse des fleurs et décoratrice d'intérieur à mes heures perdues. La décoration florale n'a aucun secret pour moi, et j'ai dans ma boite à outils tout plein de conseils et de bonnes idées. Fervente amatrice de musique classique, de peinture, et d'art floral en général, j'espère vous faire découvrir ce qui me donne du pep's au quotidien !

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